La question du tarif revient dans presque toutes les discussions entre vidéastes freelance, et la réponse donnée est presque toujours la même : « ça dépend ». C’est vrai, mais ce n’est pas une méthode. Beaucoup de vidéastes fixent leurs prix en regardant ce que facture un confrère, ou en devinant ce que le client est prêt à payer, plutôt qu’en partant de leurs propres coûts et objectifs. Voici une méthode de calcul concrète.
Partez de votre revenu cible, pas de votre prix à la journée
La première erreur consiste à choisir un tarif jour arbitraire, puis à espérer que le nombre de jours vendus suffira à couvrir ses besoins. La bonne approche part dans l’autre sens : définissez le revenu net annuel que vous visez, ajoutez vos charges sociales et professionnelles, et vous obtenez le chiffre d’affaires annuel nécessaire.
Comptez vos jours réellement facturables, pas vos jours ouvrés
Une année compte environ 220 jours ouvrés, mais un vidéaste freelance n’en facture jamais autant. Il faut retirer les congés, les jours de prospection, de gestion administrative, de comptabilité, de formation, et les périodes creuses inévitables. La plupart des freelances expérimentés arrivent à un nombre réaliste de jours facturables entre 100 et 140 jours par an, rarement plus, une fois tout le travail invisible retiré.
Diviser le chiffre d’affaires cible par ce nombre de jours réalistes, et non par 220, donne un tarif jour beaucoup plus proche de la réalité — souvent nettement supérieur à ce que la plupart des vidéastes débutants pratiquent.
Intégrez le temps de montage dans le calcul
Le tournage n’est qu’une partie du temps de production. Le montage, souvent sous-estimé au moment de chiffrer un projet, peut représenter deux à quatre fois la durée du tournage selon la complexité du livrable. Un devis qui ne compte que la journée de tournage, sans valoriser correctement les jours de montage qui suivent, mène directement à travailler pour un tarif horaire très inférieur à son tarif jour affiché.
Le prix le plus bas n’est pas une stratégie de différenciation
Beaucoup de vidéastes qui peinent à trouver des clients réagissent en baissant leurs prix, en pensant que c’est le principal frein. Dans la plupart des cas, le frein est ailleurs : un positionnement flou, un portfolio qui ne parle pas au bon public, ou une prospection insuffisante. Baisser ses prix résout rarement ces problèmes, et crée un nouveau risque : attirer des clients qui négocient sur tout, plutôt que des clients qui valorisent le travail livré.
Un tarif plus élevé, bien justifié par un positionnement clair, attire généralement des clients plus simples à satisfaire que des tarifs bas censés compenser un manque de différenciation.
Ajustez selon le type de client, pas selon votre humeur
Il est cohérent d’avoir des tarifs différents selon le type de client (grande entreprise, PME, association, particulier), à condition que cette différence soit structurée à l’avance et pas décidée à chaud pendant la négociation. Un tarif standard, avec une marge de négociation clairement définie en interne, évite d’improviser une remise que vous regretterez ensuite.
Réévaluez vos tarifs au moins une fois par an
Beaucoup de vidéastes gardent le même tarif pendant des années, par peur de perdre des clients existants. Une révision annuelle, même modeste, est nécessaire pour suivre l’inflation de vos propres charges et la montée en compétence de votre travail. Prévenir vos clients récurrents à l’avance, avec une explication simple, passe presque toujours mieux qu’on ne l’imagine.
Le prix se défend en amont, pas pendant la négociation
Un tarif bien calculé ne sert à rien s’il n’est pas défendu avec assurance face au client. La manière dont vous présentez votre prix — dans le devis, mais aussi à l’oral pendant l’appel de découverte — a un impact direct sur le taux de signature. Retrouvez notre méthode complète pour construire un devis qui convertit et pour répondre sereinement à l’objection classique « c’est trop cher » dans notre article sur la gestion des objections.
Le module vente de la formation Klapy School consacre un temps dédié à ce calcul de tarif jour et à la manière de le défendre à l’oral sans se justifier ni céder à la première négociation.